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Bonnes pratiques/témoignages

Rejoué change d’échelle

Depuis ses modestes locaux du XIVe arrondissement, Rejoué a fait du chemin. Six ans après sa naissance, l’association peut s’enorgueillir d’accompagner une trentaine de personnes vers l’emploi autour de la récupération et de la revente de jouets. Près de 10 encadrants, techniques et insertion professionnelle, sont à leurs côtés. Désormais bien installée dans ses 2000 m2 d’ateliers à Vitry, l’ACI (atelier chantier d’insertion) gère aussi deux boutiques, l’une dans le centre commercial Quais d’Ivry, l’autre, toute récente, rue du Château, à Paris. Largement soutenu par le Grafie, grâce aux efforts, en particulier de Mario Seeboth et de Bruno Garcia, Rejoué a candidaté cette année à l’appel à projets permanent PM’Up et se retrouve lauréat. C’est une aide de 150 000 euros sur trois ans que la région Île-de-France lui accorde par ce biais. D’où le redéploiement des boutiques et aussi un plan d’accroissement du personnel : l’objectif est d’accueillir huit salariés en insertion de plus, parallèlement au recrutement de nouveaux encadrants. Mais d’autres partenaires contribuent à la solidité de cette SIAE : de grosses entreprises et fondations, des collectivités locales, comme la ville de Paris, etc. Et trois marchés publics ont été signés en 2018.

Le transfert de compétences

En voyant travailler les équipes, on est frappé du professionnalisme dont elles font preuve. Cette approche qualitative est impulsée par la directrice, Nathalie Ourry, qui décrit le process de production. « L’objectif est de rendre le salarié plus autonome et de le doter de compétences transférables. Car demain, ils ne travailleront pas dans le jouet ». Il n’empêche, le jeu est un intéressant véhicule de communication pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue française, de sociabilité, pour ceux qui n’ont sûrement pas beaucoup joué dans leur enfance… Si la vente des 50 tonnes de jouets collectés, triés, lavés et remis d’aplomb n’est pas une finalité, cette économie circulaire, outre ses vertus environnementales, est un efficace levier d’insertion. Aujourd’hui, Rejoué change d’échelle. Son aire d’action est désormais régionale, voire nationale. Et sa fondatrice, Claire Tournefier, s’y emploie, en travaillant à l’animation d’un réseau national de la filière jouet. Dans ce cercle vertueux que dessine Rejoué, il faut aussi mentionner la place des femmes. En effet, dans le monde de l’insertion, il n’est pas si facile de proposer des tâches valorisantes à celles-ci. On sait comment le BTP, par exemple, est hermétique. Le travail du jouet offre aux femmes des chantiers valorisants aux horaires adaptés. Voilà quelques bonnes raisons de vous précipiter dans les boutiques de Rejoué avant les fêtes de fin d’année !