ENVIE 2E ILE-DE-FRANCE
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ENVIE 2E Ile-de-France : au cœur du site de production d’un grand groupe

Intégrée au site Derichebourg environnement / Revival à Gennevilliers, l’entreprise d’insertion (EI) Envie 2E Ile-de-France a établi un partenariat avec ce groupe, pour la collecte et le retraitement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Une aventure industrielle, mais avant tout humaine. Entretien avec Juliette GATIGNON, directrice d’Envie 2E.

Quel est le point de départ de votre collaboration ?

A l’origine, Envie 2E était implantée à Saint-Denis. Fin 2006, elle s’associe à Derichebourg, avec lequel un accord de sous-traitance est conclu en avril 2007, autour d’un projet expérimental de production et d’insertion, pour 5 à 6 postes de travail, sur le site Derichebourg, à Gennevilliers. Cette coopération économique se poursuit « à la hausse » : en 2009, l’effectif d’Envie 2E passe à 16 postes d’insertion, puis à 19 en 2010 : 16 agents de traitement ; 2 chauffeurs ; 1 agent administratif.

Pour quelle activité précisément, et avec quelles perspectives de sortie ?

Nous sommes agréés par Eco-systèmes, un des organismes français responsable de la filière des DEEE. Dans ce cadre, nous collectons les matériels électriques et électroniques (ex : réfrigérateurs, micro-ondes), sur lesquels nous prélevons les composants polluants pour retraitement. Nous accueillons un public d’hommes, en majorité, de faible niveau de qualification. Le passage par Envie permet à certains de passer le permis cariste, ou conducteur d’engins. En 2009, également, sur cinq sorties de l’EI, deux salariés ont été recrutés comme chauffeur et cariste par ECO-PHU, une filiale transports de Derichebourg.

Quels sont les inconvénients de cette immersion ?

L’activité d’Envie est localisée au cœur même du site industriel, c’est-à-dire dans les conditions réelles de production. C’est le lieu idéal en termes d’expérimentation du réentraînement au travail. Sauf que… cela porte simultanément les inconvénients de cet avantage, de par la relative promiscuité entre les salariés de Derichebourg et ceux d’Envie. Le monde industriel dans lequel nous évoluons est essentiellement masculin. Ses codes et ses objectifs sont différents des nôtres, d’où des frictions possibles, auxquelles il faut remédier… avec diplomatie et fermeté. Et via quelques mesures concrètes : ainsi, auparavant, les vestiaires / sanitaires étaient communs aux deux catégories de salariés. Depuis que nous avons installé les nôtres, ça va mieux.

Quels seraient les axes de progrès à envisager ?

Il serait bon que davantage de salariés en insertion soient embauchés au sein du groupe Derichebourg ou dans une entreprise du bassin d’emploi local. C’est la raison pour laquelle une adjointe RH a été recrutée à Envie, afin de prospecter en ce sens et approfondir les pistes d’insertion.

En conclusion ?

Dans ce cadre de travail, rien n’est jamais acquis. C’est une véritable aventure humaine, dans tous les sens (positif et négatif) du terme, passionnante, qui se construit par essais et erreurs, et doit être reprise et ajustée sans cesse. Un vrai apprentissage, pour les salariés du site comme pour moi !

propos recueillis par Anne Meyer